HISTOIRE - BIBLIOGRAPHIE

1 - Genèse de la boussole
2 - Bibliographie


1 - LA GENÈSE DE LA BOUSSOLE

La magnétite

Photo de g. : minerai à l'état pur (cliquer sur les images pour les agrandir).
Voilà la pierre avec laquelle tout a commencé : On peut presque dire comme dans l'évangile "a principio erat..." (en français ... Au commencement était ... la magnétite). Ces cristaux cubiques noirs, brillants, de formule Fe3O4 sont le minerai de fer le plus pur. C’est grâce à leur capacité de transmettre à une aiguille de métal la sensibilité au magnétisme terrestre, qu'on put enfin découvrir le monde au-delà de l'horizon marin. L'aiguille ainsi magnétisée semble toujours s'orienter dans la même direction (en réalité, elle tend à s'aligner sur les lignes de forces du champ magnétique de la Terre). Pour magnétiser les aiguilles, on a longtemps utilisé de gros cristaux enchâssés appelés "pierres d'aimant montées" (photo de droite, Musée de la Marine, Paris).
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Une étude effectuée sur ce sujet se trouve sur le site internet du Palais de la Découverte. Il s'agit de l'excellent article de Kamil FADEL (mars 2007, n° 340, p. 44-59). Nous présentons ci-après quelques détails complémentaires.

Une excellent ouvrage vient de paraître : L'aventure de l'aiguille aimantée / Histoire de la boussole par Pierre Juhel aux éd. Quæ, 2013.

C'est intentionnellement que nous ne parlons pas ici d'invention de la boussole. Si l'on veut tenter d'attribuer une paternité à cet instrument, il faut absolument tenir compte de chacun des aspects de sa genèse. Nous avons par conséquent choisi de citer ici le passage introductif de l'ouvrage d'A. Schück Der Kompass (voir bibliogr.) qui citait lui-même un auteur suédois tout en complétant certaines formules. Nous présentons ici notre propre traduction du texte allemand que Schück avait probablement lui-même rédigé à partir d'une traduction en anglais :
 
(Début de citation)
On ne peut pas parler stricto sensu d'une quelconque invention de la boussole mais plutôt de la découverte d'une force et de l'application de ses effets ayant permis de réaliser des dispositifs précurseurs de la boussole. A. E. Nordenskiöld l'a formulé de manière on ne peut plus claire dans son ouvrage Periplus (traduit en anglais par Francis A. Bather, Stockholm, 1897) VI. Portolano's, p. 47 et svt. :

" Il y a lieu de distinguer quatre étapes :
1) La découverte d'un minéral aux capacités électromagnétiques, c'est-à-dire capable d'attirer le fer. Il n'en existe qu'une seule sorte en grande quantité à la surface de la Terre, c'est la magnétite.
2) La découverte que l'acier ou le fer trempé peut être magnétisé en le frottant à la magnétite.
3) La découverte que l'aimant ou le fer magnétisé, dès lors qu'il est soutenu ou suspendu de manière à pouvoir se mouvoir librement, indique toujours une même direction ou, plus précisément, forme un certain angle par rapport à l'axe nord-sud.
4) La prise de conscience que cette aiguille aimantée peut servir à s'orienter dans l'espace."
(Fin de citation).

La magnétite en tant que minéral et certaines de ses propriétés (magnétisme, polarités opposées) étaient déjà connues en tant que phénomène physique dans l'Antiquité, tant dans le monde méditerranéen qu'en Extrême Orient.
- Pline l'Ancien (23 apr. J.C. s- 70) cite Nicandre de Colophone qui racontait qu'un berger nommé magnes avait constaté que les clous de ses chaussures et la pointe ferrée de son bâton restaient collés aux rochers du Mont Ida (...magnes appellatus est ab inventore, ut auctor est Nicander in Ida repertus invenisse autem fertur clavis crepidarum, baculi cuspide hærentibus, cum armenta pasceret). Une autre explication donnée par Lucrèce (98-55 av. J.C.) à cette désignation viendrait du nom d'une ville de Lydie où l'on trouvait le minerai en question, Magnesia,  mais il est tout aussi probable qu'elle fut baptisée ainsi justement parce qu'il y avait là le fameux minerai appelé du nom du berger...
- L'histoire au sujet des clous en fer des navires, prétendument arrachés par la force d'attraction des rochers de certaines îles, est relatée par plusieurs sources antiques tant méditerranéennes qu'orientales. Quatre siècles plus tôt, Platon et Démocrite cherchaient déjà à percer le secret de leur fonctionnement.
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Des recherches approfondies ont été effectuées tant par des missionnaires (jésuites) en Chine même, que par des linguistes sinologues européens, en particulier Julius H. Klaproth qui présenta ses résultats un an avant sa mort dans l'opuscule intitulé Lettre à M. le baron A. de Humboldt sur l'invention de la boussole (1834). L'ouvrage de référence le plus complet a lui aussi été réalisé par un auteur allemand (A. Schück, Der Kompass) juste avant la 1ère Guerre mondiale, ce qui explique sans doute qu'il est quasiment inconnu dans le reste du monde. Les réflexions suivantes sont en grande partie basées les résultats de ces chercheurs.

Vision fantaisiste pseudo-historique (dans paquet de café) : Le texte dit " 1490. La boussole vient d'être découverte..."  

On s'accorde aujourd'hui pour considérer que ce furent les Chinois qui découvrirent très tôt que le minerai a la faculté de transmettre sa polarité à une tige métallique et que celle-ci ainsi aimantée s'alignera grossièrement surt un axe nord-sud. Ils avaient même remarqué qu'il y avait un léger décalage entre la direction de cet axe indiquant le nord magnétique et la perpendiculaire au plan de l'écliptique (ligne reliant le lever et le coucher du soleil) indiquant le nord géographique.
La représentation de l'espace a toujours revêtu une très grande importance dans la pensée chinoise car certaines directions ont une valeur positive ou négative (opposition yang/yin ou dragon/phénix). Pour eux, l'aiguille aimantée indiquait donc le sud vers où l'empereur, représentant l'étoile polaire, assis le dos au nord, portait son regard. Cette propriété de la magnétite fut utilisée très tôt, (peut-être même déjà avant notre ère) dans un instrument composé d'une sorte d'assiette carrée (symbolisant la Terre) et d'une "aiguille" en forme de cuiller à soupe taillée dans de la magnétite dont le manche pointait vers le sud. Cet instrument représentait la "cuillère du Nord", autrement dit la constellation de la Grande Ourse (appelée Big Dipper, grande casserole, en anglais). Il était essentiellement utilisé dans le cadre de l'art divinatoire et de la géomantie (photo: voir WIKIPEDIA / boussole - voir aussi Religion / Tradition chinoise et Feng Shui).
 
La littérature chinoise fait elle aussi état d'un dispositif appelé chariot indicateurs du sud (zhi3 nan3 che1) que de nombreux auteurs ont cité comme fonctionnant à l'aide du magnétisme terrrestre. Selon la description qui en est faite dans Wikipedia (Chariot pointant le sud), il s'agirait d'un mécanisme à engrenages sans liaison quelconque avec une boussole. Nous pensons avec Lippmann (voir bibliogr.) qu'il s'agissait d'une statuette placée sur un pivot et dont le bras tendu renfermait un barreau aimanté. La solution technique participerait du même principe que celui de la cuiller taillée dans la masse, c'est-à-dire avec un côté fin et léger du côté du bras trendu contrebalancé par une partie épaisse et rammassée du côté du corps. Nous en avons fait une reconstitution qui fonctionne parfaitement.
Image de g. : Chariots indicateur du sud, reproductions extraites de l'encyclopédie San thsaï thou hoei datée de 1609 et (à dr.) de la grande encycl. japonaise - cliquer dessus pour l'agrandir).

C'est vers la fin du 1er millénaire que l'aiguille magnétisée fut utilisée, tout d'abord placée sur un flotteur ou dans un bambou et le tout dans un récipient rempli d'eau. Cette technologie a été décrite en abondance dès le 13e siècle mais son origine est sujet à débat. Certains auteurs penchent pour une transmission de la Chine aux navigateurs Arabes chez qui les Croisés l'auraient découverte. Cette chronologie est cependant controversée car les sources sont en latin ou en arabe et parfois ou bien contradictoires ou pour le moins difficiles à interpréter. Le mot boussole pourrait ne pas venir de l'italien bussolo (boîte en buis) mais de l'arabe el-mouasaléh (pointe, dard), la permutation du son M en B étant attestée dans de nombreux dialectes arabes (Klaproth, p. 29, bibliogr.) mais aussi dans les langues latines (voir Giacomo - Jacob). La désignation al-konbas (de l'italien il compasso) apparut bien plus tard, après que l'instrument eut connu une évolution technique majeure décrite plus loin. Ce cheminement en soi logique de par la géographie et les contacts commerciaux existant dans l'Océan Indien a été amplement défendue par les recherches de Klaproth et reprise par la plupart des auteurs.
Il existe cependant une étude très sérieuse et approfondie qui corrige quelques erreurs des auteurs précédents et réfute certains de leurs arguments ( mais elle est malheureusement restée pratiquement inconnue car publiée en Allemagne en 1932, c'est-à-dire l'année qui précéda la prise du pouvoir par Hitler et les événements politiques (Geschichte der Magnetnadel bis zur Erfindung des Kompasses par Edmund Oskar von Lippmann, 1932, 49 p. l'histoire de l'aiguille aimantée jusqu'à l'invention de la boussole, non traduit). L'auteur s'efforce d'y démontrer qu'une forme primitive de boussole a très probablement été inventée par les navigateurs scandinaves autour du 11e s. car ils maîtrisaient la navigation (Islande, Groenland) et naviguaient en Méditerranée jusqu'en Sicile (voir le dernier chap. Conclusions).

Il semblerait que la connaissance de la version modernisée (compas de mer avec rose des vents, voir plus loin) ne se soit pas propagée vers l'est, les navigateurs Arabes utilisant encore à l'arrivée des explorateurs Portugais dans l'Océan indien un type de boussole constitué d'un simple récipient rempli d'eau sur laquelle on posait une lame de métal concave en forme de poisson, capable de flotter comme une coque de bateau et qu'on magnétisait à la demande. Sans doute avaient-ils considéré la boussole comme un gadget, eux qui grâce à leurs excellentes connaissances astronomiques d'une part et à un ciel pratiquement toujours clair dans leurs contrées, étaient passés maîtres dans l'art de naviguer à l'aide des astres et des étoiles.
Par contre, il a été récemment démontré (lire Two early Arabic sources on the magnetic compass) que les Arabes s'en servaient déjà au plus tard au 13e s. pour trouver la direction de la Mecque (qibla).
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APPARITION DE LA BOUSSOLE EN EUROPE

L'une des plus anciennes mentions du compas de marine en Occident se trouve dans une satire en 2700 vers intitulée La Bible datée de 1181. C'est l'œuvre du poète Hugue de Bercy, également connu sous les noms de Guyot (diminituf de Hugue) dit de Provins (ville située au sud-est de Paris qui signa également ses oeuvres sous le nom de Hugo Bertius, Hugue de Berzel etc.) qui l'avait décrit avec une grande précision. Il avait été moine à Clervaux et à Cluny, avait beaucoup voyagé et séjourné entre autres à la cour de l'empereur Frédéric à Mayence. Il reprochait au Pape de n'être pas pour la Chrétienté ce que la boussole est pour les marins. Il parle d'une aiguille que l'on allume quand le ciel est obscur en la touchant avec l'amanière (l'aimant) et qui s'oriente vers l'étoile polaire. Extraits (texte original complet retranscrit) cité par J. Klaproth dans sa Lettre à A. von Humboldt, p. 41):
    Les mariniers qui si navoient (= ainsi naviguent.)
    Par cele estoile vont et viennent (...) 
    Ils l'appellent la Tresmontaigne (= étoile du nord ou polaire) (...)
    Par vertu de l'amanière (= aimant),
    Une pierre laide et brunière
    Où li fer volontiers se joint (...)
    Puis qu'une aguile l'ait touchié
    Et en un festu l'ont fichié
    En l'esve (= eau) la mettent (...)
    Et li festu la tient desus
    Puis se torne la pointe toute
    Contre l'estoile (...)
    Tex devrait estre notre père...
 
Photo de dr. : Extrait correspondant de la Bible de Guyot (éd. de 1200 env. Source: Gallica)

L'autre mention souvent présentée comme la plus ancienne se trouve dans l'ouvrage d'un Anglais qui vécut momentanément à Paris, Alexander Neckam De naturis rerum (De la nature des choses), probablement écrit à Paris en 1190 [Gies, p. 157]. Il était donc contemporain d'Hugue de Bercy et il n'est pas exclu qu'il tenait ses informations de ce dernier. On notera que le livre de Neckham était plus largement répandu au début du 13e s. (car écrit en latin) que le poème de Guyot critique envers le pape.  En 1218 un autre écclésistique qui participa aux croisades, Jacques de Vitry, considérait le compas comme un instrument indispensable pour la navigation en mer (Historiæ Hierosolimitanæ, cap. 89). Son utilisation est aussi attestée en 1225 en Islande. [White, p. 132].

Si l'on tient compte du fait que cet instrument a trés sûrement été gardé secret le plus longtemps possible pour la simple raison qu'il conférait à son propriétaire un avantage commercial évident d'une part, que d'autre part, son fonctionnement inexplicable confinant à la sorcellerie) le rendait suspect tant aux yeux des membres d'équipage et que du clergé (toutes les religions étant par principe hostiles au progrès technologique) et qu'il a donc fallu un bon nombre d'années avant qu'il ne soit connu de gens n'appartenant pas au monde de la mer, on peut donc raisonnablement estimer que son adoption par les marins méditerranéens eut lieu suffisamment longtemps (11e ou 12e s.) avant qu'il ne soit évoqué dans la littérature et utilisé comme une image évidente compréhensible de chaque lecteur.

Gravure de dr.:  Le livre des merveilles, Marco Polo, 1307, Bibl. Nat. Paris


Les différentes étapes de l'évolution technologique consistèrent donc d'abord à magnétiser une fine tige d'acier trempé, à la fixer sur un flotteur de liège ou dans une tige de roseau creuse et à la poser ainsi à la surface d'un récipient rempli d'eau. Ce dispositif primitif était généralement appelé calamite en Méditerranée, très vraisemblablement en raison du nom du roseau en grec (kalamos) et non pas par analogie de forme avec une grenouille comme l'écrivirent de nombreux auteurs. Le terme existe encore aujourd'hui dans le nom du crapaud des joncs (voir WIKIPEDIA : crapaud calamite, bufo calamita). La boussole fut aussi appelée la Marinette (voir plus loin la Bible de Guyot) et ceci est bien compréhensible, vu qu'elle était la plus fidèle compagne des marins ! (K. FADEL)
L'instrument tel qu'on le connaît aujourd'hui résulte d'un perfectionnement technologique majeur intervenu probablement au début du 14e s., l'invention du système à pivot, dans lequel l'aiguille fut équipée en son centre d'un dispositif appelé aujourd'hui chape, une sorte de casque ou de dé-à-coudre minuscule. Les besoins de la navigation amenèrent un autre progrès technique, le compas de marine, dans lequel les points cardinaux sont indiqués sous la forme d'une rose des vents dessinée sur un disque mobile fixé à l'aiguille aimantée. Ce dispositif permet au barreur de diriger son bateau plus aisément en alignant un cap prescrit (le rhumb) et un repère ou une ligne dite de foi représentant l'axe longitudinal du navire.
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La légende de Flavio di Gioia

Cette amélioration (voir paragr. précédent) est datée du tout début du 14e. s. (1300). Elle fut très longtemps attribuée à un certain Flavio (di) Gioia qui aurait vécu à Amalfi mais dont l'existence n'est nullement prouvée. En fait, il s'agit là d'une légende résultant au mieux d'une suite d'erreurs de transcription (voir les Citations ci-après). Au cours du 14e et du 15e s., divers auteurs (dont un certain Flavius Blondus) décrivirent la boussole en précisant qu'on n'en connaissait pas l'inventeur.
Portrait fantaisiste (cliquer sur l'image pour voir un dessin montrant un timonier et sa boussole)
Ce n'est qu'en 1600 que l'historiographe napolitain Scipio Mazzella (in Descrittione del regno di Napoli, Napoli 1588, 2e éd. 1601, p. 65) écrivit que l'instrument avait été inventé par ledit Flavio en précisant même son nom de famille, affirmation sans preuve qui a malheureusement été reprise depuis par de nombreux auteurs qui lui succédèrent. Seuls les chercheurs sérieux l'ont mise en doute et réfutée. Il n'y a qu'une chose certaine, c'est que la ville d'Amalfi était célèbre pour sa flotte et ses liaisons maritimes avec le Proche Orient, maintenues de manière monopolistique après les croisades car ses marins gardaient de bonnes relations avec les Arabes et que cette amélioration technique vient de cette région de la Méditerranée.

QUELQUES CITATIONS

(Le texte suivant est en partie cité du site The Medieval Technology Pages de Paul J. Gans et traduit par nos soins).

"Un manuscrit rédigé sous la dynastie des Han en l'an 83 de notre ère fait état d'une cuiller indiquant le sud. Une autre source datant de la même époque indique que les chercheurs de jade de Cheng utilisaient un chariot indicateur du sud afin de retrouver leur route [Gies, p. 94 - voir bibliographie].
L'utilisation d'aiguilles magnétisées est attestée en Chine depuis le 8ème siècle et il semblerait qu'elles soient devenues une aide à la navigation maritime d'usage commun entre 850 et 1050 [Gies, p. 94].
Un autre auteur [White, p. 132] date cependant leur utilisation un peu plus tard, indiquant que des aiguilles magnétiques étaient en usage dans les années 1089-93 et 1116 pour les besoins de la géomancie et respectivement en 1119 ou 1122 comme compas de marine.

La plus ancienne mention de la boussole dans un document islamique apparaît dans une histoire persanne datant de 1232-33. La première mention en arabe date de 1242. White fait remarquer que le mot arabe pour boussole est al-konbas (de l'italien il compasso), indice supplémentaire de l'origine européenne [White, p. 132]"  mais ce terme se réfère vraisemblablement à la forme modernisée de l'instrument (voir plus haut la Légende de Flavio di Gioia).

Un autre auteur essentiel, W. Gilbert écrivit (dans De Magnete, London, 1600) : " Dans le royaume de Naples, ce serait un citoyen savant melfitanais du nom de Johannnes Goia qui aurait montré en 1300 comment se servir du compas, comme Flavius Blondus ne manque pas de le souligner à son éloge." De même, Guillaume de Nautonnier écrivait (in La mécométrie, Toulouse T. 1, 1603, p. 8) " Cet instrument dont on avait oublié l'usage a été réinventé par un habitant d'Amalfi du nom de Gioia comme le rapporte Flavius."


Quelques dates-clés de l'histoire de la boussole dans le monde occidental

- Thalès de Milet (6e s. avant notre ère) attribue à la magnétite une âme qui attire le fer.
- Fin du XIe s. : l'historien Islandais Arc Frode (1027-1148) relate dans sa chronique du peuplement de l'Islande Landnamabok que les marins nordiques ne possédaient alors (vers 838) l'instrument utilisé par les marins en Méditerranée qu'il désigne leiderstein c'est-à-dire pierre-guide.
- 1181 : Hugue de Bercy / Guyot de Provins (voir plus haut ) décrit dans son poème connu sous le titre de "Bible de Guyot" la boussole utilisée par les marins français.
- 1269 : Pierre Pèlerin de Méricourt écrit (en latin) : " [la boussole] est l'instrument par lequel tu peux diriger tes pas vers les cités et les îles."
- 1302/1303 : invention du compas de mer (attribuée selon une légende largement colportée) à un pilote de Pasitano (près d'Amalfi, royaume de Naples) nommé Flavio di Gioia. Il aurait eu l'idée de fixer l'aiguille sur un pivot et peut-être aussi un disque de papier à l'aiguille. C'est peut-être de cette époque que daterait aussi la tradition de représenter le nord par une fleur de lys (voir DIVERS/Points cardinaux).
Gravure de droite : Der Kompassmacher - le fabricant de compas (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

- 1492 : Christophe Colomb constate l'existence d'un écart entre le pôle magnétique et le pôle géographique (déclinaison) alors qu'il se trouve à 200 lieues à l'ouest de l'Île de Fer (Hierro) dans l'Archipel des Canaries.
- XVIe s. : Georg Hartmann, un prêtre allemand de Nuremberg, étudie la déclinaison et pressent l'existence de l'inclinaison. Les premières mesures exactes de la déclinaison furent exécutées en 1541 à Paris et en 1580 à Londres.
- 1576 : Robert Normann, un fabricant anglais d'instruments de marine signale l'inclinaison.
- XVIIe s. : Burrus, un prêtre de Lisbonne a l'idée de reporter sur une mappemonde les mesures de la variation locale de la déclinaison et les relie par des courbes appelées aujourd'hui isogones. L'astronome anglais Halley (1656-1742) les perfectionnera en 1700 au cours d'une expédition entreprise pour déterminer avec précision la position des colonies anglaises.
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BIBLIOGRAPHIE (divers ouvrages en trois langues et dans le désordre)

(Voir aussi Boussole / Enseignement)
Les Chinois ont sans aucun doute été les premiers à se servir de boussoles mais ce sont des savants européens qui ont les premiers étudié de manière scientifique le phénomène du magnétisme.

De Magnete, Magneticisque Corporibus, et de Magno Magnete Tellure (On the Magnet and Magnetic Bodies, and on That Great Magnet the Earth) de Guiliemi Gilberti / William Gilbert (1600), astronome royal auprès de la cour d'Angleterre. Traduction en anglais consultable en ligne sur le site GUTENBERG PROJECT.

- The newe Attractive - Robert Norman (1581)

- Magnes, ars magnetica - Athanasius Kircher (1631)

Autres ouvrages:

- Cathedral, Forge, and Waterwheel, "Technology and Invention in the Middle Ages" par Frances et Joseph Gies), HarperPerennial, 1995  ISBN 0-06-016590-1
- Medieval Technology and Social Change, par Lynn White, Jr., Oxford, 1962 / ISBN 0-19-500266-0

Lettre à M. le Baron A. de Humboldt  par Julius Klaptroth, 1834 (photo de gauche - consultable en ligne* ICI) - Etude approfondie sur toutes les sources littéraires historiques disponibles (arabes, chinoises etc.). Il en existe des extraits en anglais sur google book : The American Journal of Science and Art, vol. 40, p. 242) et aussi la traduction des 4 premières pages ICI. Cet ouvrage écrit en français par un savant allemand pour autre savant allemand n'a été traduit en allemand et annoté/complété que quelque 50 ans plus tard par Arnim Wittstein en 1885 (copie pdf disponible).

* NOTA : Malheureusement Google n'a pas numérisé les planches grand format. Nous serions heureux de vous en fournir des photos si vous avez l'amabilité de faire un petit don (touche Paypal du menu).

- The rose of the winds: the origin and development of the compass card par Silvanus P. Thomson (Proceedings of the British Academy, Londres 1913, 31 p. et 6 pl. en couleur).

- L'origine de la rose des vents et l'invention de la boussole par Leopold de Saussure : critique et complément à la Lettre de J. Klaproth au baron A. v. Humboldt (Genève 1923, 64 p.). L'auteur y démontre entre autre que le nom calamite vient du grec kalamos qui signifiait roseau et que la comparaison avec une grenouille (bufo calamita, crapaud des joncs) que de nombreux auteurs ont reprise est une mauvaise interprétation.

- Articles relatifs à la boussole et au magnétisme (aiguille aimantée etc.) de l'Encyclopédie de MM. d'Alembert et Diderot (consultable en ligne ICI).

- Compass (A. Gurner, 2004, anglais, traduit en allemand seulement) : Historique très détaillé du développement des compas de marine

- The Riddle of the Compass (Amir D. ACZEL,  2001, angl., trad. allem. disp.) : Très bon historique du développement de la boussole et remise en question totale de la légende de Flavio de Gioia.

A. Schück était un officier de la marine marchande allemande. Il a publié trois ouvrages consacrés au compas. Le premier, Alte Schiffskompasse und Kompassteile im Besitz Hamburger Staatsanstalten (1910) est une description des compas anciens conservés dans les institutions étatiques de la ville de Hambourg. C'est un petit format de 47 pages et 11 planches dont 5 partiellement en couleurs, placées dans une pochette intérieure tout  comme celles des deux volumes suivants, son chef-d'œuvre inégalé.

- Der Kompass (A. Schück,  2 vol., 1911 et 1915, allem.) - A. Schück consigna au tout début du 20e s. toutes les informations disponibles dans la littérature ancienne sur le développement de la boussole (transcription du texte de Guyot - voir plus haut) ainsi que des gravures représentant des compas de marine tant anciens (musées, coll. priv.) que modernes (Bamberg, Chetwynd etc.) sans oublier la boussole circulaire d'Emile Duchemin ni la boussole de marche récemment inventée par Bézard ! Cet ouvrage est encore aujourd'hui considéré comme la meilleure encyclopédie consacrée essentiellement aux compas de marine mais comme il ne fut terminé qu'en pleine 1ère Guerre Mondiale, son existence passa entièrement inaperçue à l'étranger.

NOTA : nous sommes heureux d'en posséder un exemplaire original (photo de dr.) car la version en réimpression en vente depuis 2009 ne reflète en aucune manière le très haut niveau de qualité des gravures : il a apparemment été numérisé avec une résolution très basse et imprimé dans un format réduit d'un quart environ (lien vers photo : vues comparées d'une planche). De plus, les planches du vol. II ont été reliées dans le désordre !

Le livre Der Kompass an Bord (Deutsche Seewarte, 1906) contient en plus de toutes les formules mathématiques nécessaires au réglage des compas sur les navires à coque métallique, une description précise des divers types de compas utilisés à l'époque, c'est-à-dire, ceux de
Thomson (Lord Kelvin),
- la version de Hechelmann de la rose à aimants suspendus de Thomson
- le compas à amortissement liquide de Bamberg.

- Geschichte der Magnetnadel bis zur Erfindung des Kompasses (Edmund Oskar von Lippmann, 1932, 49 p. 'L'histoire de l'aiguille aimantée jusqu'à l'invention du compas de marine vers 1300', sans doute non traduit) - Etude approfondie qui corrige quelques erreurs des auteurs précédents et réfute certains de leurs arguments. Elle est restée pratiquement inconnue car publiée en Allemagne en 1932, c'est-à-dire l'année qui précéda la prise du pouvoir par Hitler et les événements politiques n'étaient pas propices à sa diffusion. L'auteur s'efforce d'y démontrer qu'une forme primitive de boussole a très probablement été inventée par les navigateurs scandinaves autour du 11e s. car ils maîtrisaient la navigation (Islande, Groenland) et naviguaient en Méditerranée jusqu'en Sicile (voir le dernier chap. Conclusions) ce qui démontre la suprématie de la race nordique, bien dans l'air du temps.... Il passe bien sûr sous silence les études de MM. L. de Saussure (1923) et S. P. Thomson (1913). Cet essai politiquement tendencieux connut le même sort que le livre ci-dessus.

- SUR L'AIMANT - volume paru dans la série La science populaire de CLAUDIUS (pseudonyme de Charles-Claude Ruelle, 1840, vol. n° 30, 116 p., 7,5 x 13,5 cm). Cours sur les propriétés de l'aimant. Le chapitre sur l'histoire de la boussole est un résumé de la lettre à M. A. von Humboldt (voir plus haut).

- LA BOUSSOLEHistoire d'une pierre et d'une aiguille (Lausanne 1885, 214 p., photo de g.) - Ouvrage intéressant qui prétendait à une certaine exhaustivité. Son auteure officielle est une certaine Mme de C****** mais il s'agit probablement d'un pseudonyme. Il est conçu comme un cours de physique spécialement centré sur le magnétisme. Des 12 chapitres, l'un est entièrement consacré à la métallurgie, expliquant les différents métaux et leur réaction au magnétisme. D'autres traitent en détail des aspects historiques et philosophiques de l'étude du phénomène, insistant notamment sur l'influence désastreuse des croyances religieuses sur les découvertes et la recherche scientifique (voir les tentatives d'explication du phénomène par les philosophes grecs qui au lieu de procéder de façon expérimentale cherchaient des explications surnaturelles, toutes plus saugrenues les unes que les autres). Les aspects linguistiques ne sont pas en reste : un chapitre est consacré à une étude sur l'étymologie des termes aimant, boussole et compas, un autre aux noms des vents dominants etc.
Nota : Il est en ceci particulier qu'il attaque de front l'Eglise catholique, institution jugée coupable de promouvoir l'obscurantisme pour mieux asservir les masses incultes. C'est un document témoin de la lutte que menait le gouvernement laïc sous la IIIe République mais son message est toujours valable aujourd'hui dans plusieurs domaines - dont l'obscurantiste et absurde créationnisme professé par plusieurs religions.

MODES D'EMPLOIS - INSTRUMENTS À USAGE MILITAIRE

Nous possédons de nombreux ouvrages se rapportant aux divers modèles de boussoles françaises, allemandes, anglaises ou étatsuniennes (Air Ministry, Bézard, Breithaupt, Busch, Peigné, Vion, Winterer, U.S. Army Field Manual etc.). Ils sont cités dans l'article correspondant de ces instruments et certains également dans la boutique du musée (2ème partie - Documentation). Certains ouvrages ne sont pas spécifiques d'un modèle donné et en présentent plusieurs comme les diverses éditions du MANUEL / LIVRE DU GRADÉ D'INFANTERIE. Citons également les livrets L'ORIENTATION (Cne. Seignobosc, 1952), Boussole et Direction (Cne Mondeil, 1918) ou De la BOUSSOLE et de son EMPLOI (Lt. V. - anonyme ?), le Précis de Topographie (Col. Matthieu, 3 vol.) sans oublier les plus anciens dus aux capitaines Rossignol (Note sur l'emploi de la boussole directrice, 1883.) et Delcroix (La boussole directrice de marche, 1896).

Guide pratique et théorique du candidat au brevet de préparation militaire élémentaire (B.P.M.E. ancien C.P. S.-M.) par le capitaine CHAIX, (Impr., maison de vente, au Palais des sports, 94, rue de l'Hôtel-de-Ville, 1924) avec un questionnaire théorique complet et une carte d'état-major au 1/80000e. Préface de M. le général Philipot.

Royaume Uni - Boussoles de marche

Description de boussoles de type Steward dans Military Sketching  Map Reading and Reconnaissance (1911) et description de la boussole standard Mark III dans Manual of Map Reading Air Photo Reading and Field Sketching (1955)
Cliquer sur les photos de dr. pour voir des pages typiques.  


MARINE
Steady as she goes (A. E. FANNING, 1986, angl.) - Historique détaillé du département des compas de l'Amirauté britannique depuis sa création en 1842 jusqu'à la 2ème Guerre mondiale.


Les débuts de l'aviation :
- Les compas de navigation aérienne in L'Aéronautique, éd. n° 9 de février 1920, p. 387-395
- Cours élémentaire de compensation et d'emploi par le Capitaine Robert Gaujour, 1ère éd. 1936 (photo de dr.).
(Une 2ème édition datée de 1946 est signée du Colonel Robert Jacques Edmond Gaujour).
- La navigation aérienne simplifiée par Françis d'Auteville - Préface du Général Denain. Ed. Berger-Levrault, 1935, 98 p.
- Traité pratique de navigation aérienne par A.B. Duval et L. Hébrard, (4ème éd. 1940, Gauthier-Villars, Paris, 173 p., 120 figs. + VII pl. - Copie du "Chapitre II - COMPAS" disponible)
- Le compas de navigation aérienne par M. le Lt de vaisseau (Jules Alfred Pierre) Rouch, éd. Masson Paris, 71 p. 1921

NOTA : Voir la liste complète des documents en langue anglaise ou allemande dans les versions correspondantes du musée.
Deux titres pour exemple :
- The Magnetic Compass in AircraftNotes on Aero-compasses and their adjustment (Air publ. 157, London 1918);
Remarks on compasses in aircraft by F. Creagh-Osborne (Air Publication 802, London Nov. 1920)
etc.
Der Flugzeugkompass und seine Handhabung, Kapitän Fritz Gansberg, éditions 1 (1915) et 2 (1917) chez Krayn, Berlin W., 56 et 64 p.


Montres solaires :
Il faut également citer ici un texte très rare, le mode d'emploi du cadran solaire à boussole de type dit Butterfield (ou Bion) voir notre boutique.

Autres ouvrages
On ne compte pas les ouvrages consacrés à ce sujet. Qu'ils s'adressent à un public d'enfants ou de spécialistes, tous sont conseillés s'ils sont en rapport avec le niveau de compréhension des lecteurs, à condition toutefois de tenir compte des informations citées plus haut pour coller au plus près à la vérité historique. Nous citerons en particulier :

La boussole, le nord et l'aimant (O. Sauzereau, 2004) et La boussole (B. Coppin, 1991) - Simple mais très bien fait, pour enfants.

L'Instrument de Marine (Jean Randier, 2006) - Très belles photos et bonnes explications. Un bémol cependant au sujet de l'histoire de la mesure des longitudes. Il faut impérativement tenir compte de l'erratum ci-dessous concernant la page 12 (éd. mars 2006, lignes 6 à 11) qui est dénuée de sens car ces termes ont visiblement été confondus. Il faudrait lire le texte rectifié suivant :
NOTA : nous vous conseillons de faire un copier-coller du passage ci-dessous, de l'imprimer et de le coller dans votre exemplaire de ce livre.

"Si la latitude était mesurable à midi par une hauteur de soleil à l'astrolabe ou à l'arbalète, en revanche on attendait le canevas de Mercator et la notion de LONGITUDE croissante pour pouvoir situer le MÉRIDIEN. EN EFFET, si la LATITUDE était plus facile à porter - tous les parallèles étant égaux en espacement et parallèles entre eux - on devait encore attendre près de trois siècles l'invention du chronomètre de marine pour déterminer la longitude avec précision."

Explication : un angle quelconque, mesuré sur une ligne nord-sud (le long d'un méridien) correspondra toujours à la même distance quelle que soit la position de l'observateur sur le globe terrestre par rapport à l'équateur (latitude). En revanche, le même angle mesuré sur un trajet parallèle à l'équateur représentera une longueur différente selon que l'on est plus proche d'un pôle ou de l'équateur. La circonférence de la Terre étant de 40.000 km, un angle de 15° représente donc 1666,6 km à ce niveau (40.000 / 360 x 15) mais cette distance diminuera de plus en plus en se rapprochant des pôles. La connaissance de l'heure exacte est donc indispensabe pour le calcul de la position (voir gravure ci-contre).

Thèses de doctorat : Etude du compas magnétique à induction et du perfectionnement de cet appareil (M. G. Y. Zara, Juin 1930, faculté des sciences, Université de Paris)

Traité de la régulation et de la compensation des compas avec ou sans relèvements (syst. de Sir W. Thomson et de J. PEICHL) par A. Collet, lt. de Vaisseau, 1882.

HISTOIRE de la BOUSSOLE (Pierre JUHEL, éd. Quæ, 2013)
Ce livre retrace l'épopée des navigateurs et explorateurs et de leurs boussoles ainsi que la recherche des solutions techniques permettant de faire fonctionner cet instrument dans les navires réalisés en métal à partir de la fin du XIXe siècle.

LA MIGRATION DES OISEAUX / Comprendre les voyageurs du ciel (Maxime ZUCCA, éd. du Sud Ouest, 2013) - Le rôle du magnétisme dans l'orientation des oiseaux migrateurs.
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ROMANS, FICTION et BD

La Boussole d'Or
Roman : premier volume de la trilogie À la croisée des mondes (Philip Pullmann, 1995) dans laquelle un instrument fictif appelé aléthiomètre, littéralement « lecteur de vérité » du grec αλήθεια (aléthéia = vérité) et μέτρο (metro = mesure) joue un rôle primordial (voir description technique dans Wikipedia). L'idée de cet instrument a sans doute été inspirée par la boussole ésotérique utilisée dans le Feng-Shui. Il vient en aide à l'héroïne de l'histoire, Lyra, libre-penseuse (c.a.d. athée) dans son combat contre des forces maléfiques (l'Église).  Voir le discours de la gentille reine des sorcières Ruta Skadi (vol. II, p. 50 v.o.).
Cet ouvrage a été soumis à un intense lobbying de la part de l'Eglise catholique qui a réussi à faire échouer le tournage des deux suites malgré le succès du premier film.
Il existe des répliques de l'instrument montré dans le film mais aussi des jeux électroniques avec un écran carré !

Pirates of the Carribean / Pirates des Caraïbes
La boussole magique (lien vers photos) du capitaine JACK SPARROW fonctionne un peu comme celle de l'histoire de Walt Disney ci-après, elle montre non pas le nord mais la direction dans laquelle on veut aller.

Der verschwundene Schiffskompass (À la recherche du compas volé - probablement non traduit - Günter Görlich, RDA 1968)
Roman policier pour la jeunesse : un garçon et une fille recherchent un compas (souvenir de famille) emporté par un cambrioleur. Il avait été récupéré d'un des navires sur lesquels la révolte des marins de Kiel en novembre 1918 avait commencé et qui mit fin à la monarchie.

La Boussole du club des Cinq (titre original Five go to Demon Rock, Enid Blyton, 1961) Bibliothèque rose.

MICKEY - La boussole du Grand Khan
Une aventure de Mickey et Goofy qui trouvent un instrument ressemblant vaguement à une boussole de gousset à couvercle et qui permet de se télétransporter dans l'instant en un quelconque lieu désiré et à une autre époque de surcroît (Asimov vous salut bien...).  L'histoire a été créée à l'origine en Italie sous le titre Topolino e la bussola del Khan (Mickey s'appelle Topolino en italien) et nous ne connaissons que la traduction allemande. Le club de Mickey nous dit qu'il n'existe pas de version anglaise.
Photo de droite : Goofy et Mickey (couverture de la version allemande)
Sur la couverture de la réédition, la boussole a un couvercle, contrairement à la version d'origine.



La boussole d'ivoire
Nouvelle en images (on ne parlait pas encore de BD...) parue dans la série Les histoires en images (supplément n° 185 du 18.9.1924 de CRI-CRI L'INTRÉPIDE, 4 p., 19 x 29,5 cm) relatant le sauvetage émouvant après un naufrage sur la côte du Labrador, du jeune fils d'un capitaine mort ruiné, grâce à la boussole de son père rachetée à une vente aux enchères (copie 10 €).

Voir aussi les historiettes publiées sur les boîtes de céréales et autres aliments pour petit-déjeuner contenant des bagues à boussole.

La boussole merveilleuse (Olivier de Traynel, pseudonyme de Jean de Neltray, chez Boivin & Cie Ed., vers 1930)
Roman d'aventure pseudo-technique. En fait, la soit-disant boussole est un détecteur de métal qui sonne en présence d'or et son aiguille indique la direction où il se trouve.


ATTENTION !  LES OUVRAGES SUIVANTS N'ONT AUCUN RAPPORT AVEC L'INSTRUMENT. IL S'AGIT UNIQUEMENT DE LITTÉRATURE.

- Sans boussole, Marie Thiéry (1928). Roman religieux moralisant sur les dangers de l'absence de fil conducteur.

- Le renard et la boussole, Robert Pinget (1953). Nouveau roman. Le Renard et la boussole commence et s’achève par la même phrase : “ Je m’appelle John Tintouin Porridge ”. C’est le nom du narrateur qui écrit un livre de semi-critique sur Marie Stuart, attrape la rougeole, décide de partir en Israël et de rédiger le journal de voyage de Renard et de David, personnages dont il invente l’histoire au fur et à mesure. Ce qui faisait dire à Robert Pinget : “ ce voyage impromptu en Israël, fait perdre la boussole aux voyageurs Renard et David. ”

- Le voyageur sans boussole, Yves Pinguilly (2011). Histoire d'un migrant ivoirien fuyant la misère pour chercher du travail en Europe.

- Boussole, Mathias Enard (2015). Franz Ritter, musicologue viennois, est insomniaque, sous le choc d'un diagnostic médical alarmant. Il fuit sa nuit solitaire dans ses souvenirs de voyages, d'études et d'émerveillements.



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TERMINOLOGIE

DECLINAISON

Il existe au moins trois formes de déclinaison : séculaire (voir ci-après), annuelle et diurne. Ces deux dernières ne représentent que quelques dixièmes de degré et sont négligeables pour le calcul d'une route. La déclinaison séculaire couvre un domaine autrement plus grand de plus ou moins 25 degrés environ de part et d'autre du pôle Nord, celui-ci oscillant entre le nord du Canada et la Sibérie.
Quelques valeurs de la déclinaison séculaire mesurée à Paris :
- 1580 : orientale
- 1618 : occidentale, 3° 3'
- 1663 : nulle
- 1814 : maximum occidentale, 24° 34'
- 1874 : occidentale, 17° 30'
- 1ère Guerre mondiale : env. 9° ouest
- Années 1950 : 4,5° ouest
- début du 21e s. : la déclinaison magnétique à Paris est redevenue orientale en 2014.
On trouvera plus de détails sur le site canadien calculateur de déclinaison.
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