LA BOUSSOLE BÉZARD - 1 - TECHNIQUE

NOTA : Cet article traite des boussoles d'origine Bézard, imitations comprises, mais contient encore des lacunes. Nous vous remercions de nous communiquer des informations précises concernant les dates de fabrication des différents modèles. COMPASSIPEDIA vous serait aussi reconnaissant de lui faire parvenir toute documentation (original ou photocopie) relative à l'histoire ou la technologie de cet instrument.
(Adresse courriel : voir CONTACT).

SOMMAIRE

1ère Partie - Technique

2ème Partie - Documentation

Portrait de l'inventeur en uniforme
de colonel de l'armée polonaise
(cliquer pour agrandir)

 

INTRODUCTION : LA BOUSSOLE BÉZARD ? UNE SAGA PRESQUE CENTENAIRE

Cette boussole était officiellement désignée sur les boîtes (voir plus loin) "Diopter-Orientierungsbussole". La version française du brevet s'intitule "boussole dioptrique de campagne" c'est-à-dire boussole à alidade. Dans les pays de langue germanique elle devint très vite célèbre sous le nom de "Bézard-Kompass" (boussole Bézard). Elle fut tout d'abord adoptée dans l'armée impériale autrichienne (cliquer ICI pour voir la liste des décrets) puis plus tard en Allemagne suite à un intense lobbying (articles de presse - copies disponibles).

On peut la voir tenue en main par l'explorateur austro-hongrois, le comte László Ede Almásy dans des prises de vue datant du début des années 1930. Almásy avait exploré le Sahara libyen où il avait découvert les fameuses fresques pariétales. Sa vie fut relatée dans le film d'Anthony Minghella "Le patient anglais". (Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
Cette scène qui ne dure que quelques secondes visait vraisemblablement uniquement un but publicitaire. Une opération de relèvement dure beaucoup plus longtemps car en un laps de temps aussi bref, l'aiguille ne s'immobilise pas !

NOTA : Cette photo extraite du film "Le Sahara - un paradis perdu", a été gracieusement mise à notre disposition par la société de production ScienceVision © www.sciencevision.at qui nous a signalé en outre qu'il ne s'agit pas de la prise de vue originale mais d'une mise en scène moderne.
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LES DEUX MODÈLES DE BASE

Le brevet décrit un boîtier en bois. Dès 1906, un deuxième modèle avec un boîtier en aluminium et un miroir (Spiegelmodell 1906) apparut. Pendant la 1ère G.M. les boîtiers furent réalisés en un matériau appelé en allemand Hartgummi (caoutchouc naturel durci, voir "ébonite" dans Wikipédia) dans la documentation d'accompagnement du fabricant. Les modèles ultérieurs furent réalisés en aluminium. La désignation fut modifiée quatre ans plus tard en Armeemodell 1910 I et II. Sur le grand modèle, le diamètre de la rose était de 55 mm et la règle à la base du couvercle mesurait 50 mm. Elle existait en version civile (division de la rose en 360 degrés) et en version militaire (6400 millièmes). Cette graduation pouvait être commandée en sens horaire (dans le sens des aiguilles d'une montre) ou anti-horaire (sens inverse des aiguilles d'une montre). Le petit modèle (Armeemodell 1910 I, 45 mm de diam. et réglette de 40 mm) était livrable avec miroir (version I S) ou sans (version I) et uniquement gradué en 360 degrés. Une version appelée "R" (marquages à la peinture au radium) était aussi disponible, probablement à partir de 1913.
J. von Bézard avait publié en 1907 un long article dans la revue militaire Streffleur (voir plus bas, Bibliographie) alors qu'il enseignait à la Theresianische Militärakademie de Wiener-Neustadt à la fin duquel il précisait les prix (bois 6,80 Kreuzer et aluminium 13,50) et que les commandes devaient être adressées personnellement à l'inventeur Hauptmann von Bézard.

La version d'origine (1905) existait avec boîtier en bois (conforme au brevet) et boîtier en aluminium. Le cercle divisé était imprimé sur une rondelle de carton dans l'un et gravé sur le fond dans l'autre :


(Vues détaillées : cliquer sur les images). 
Fiche technique petit modèle
Diam. :  45 mm
Graduation : 5° (papier)  / 2° (métal)
Sur la version métallique, les chiffres sont gravés en plus en écriture inversée pour être lus dans un miroir lequel n'équipait pas tous les modèles (voir la  description dans le catalogue MANUFRANCE de 1907 ou 08)
- Poids : 37 g / 62 g
- Aiguille : voir plus loin
Couvercles de la version d'origine avec mention du brevet le mot DIREKTION (sans réglette ou MARSCHDIREKTION - voir à dr. la version fr. : DIRECTION DE LA MARCHE) suivis d'une très petite flèche.


À g. : aluminium mat / à dr. : aluminium poli

Les 2 versions évoluées de l'Armeemodell 1910 :

La Sté des Lunetiers (S-L) proposait dans son catalogue 1907 deux versions : une à boîtier en bois et une avec miroir en verre (!) et boîtier en aluminium. 



Voir aussi la version de J. Auricoste distribuée sans mention du brevet peut-être pour cause de Guerre Mondiale.

Fiche technique grand modèle
Diam. : 52 mm
Graduation : 2°
Poids : 75 g
Le modèle d'origine en bois a aussi été fabriqué par Otto A. GANSER (Vienne, Autriche) dans une version un peu plus élaborée. Le boîtier carré en acajou était plus large (réglette de 60mm en ivoire) et présentait deux renfoncements latéraux permettant de mieux saisir la lunette. La flèche indiquant le sens de la marche était en laiton et vissée sur le dessus. Elle pointait dans la direction opposée. Inscriptions sur le cadre de l'aiguille : Pat. Hauptmann Bézard (brevet Capitaine Bézard)
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LES LOGOS

La boussole Bézard était fabriquée par la société allemande de Stuttgart Georg LUFFT, qui fabrique encore aujourd'hui des baromètres.
Son logo représentait à l'origine un compas à dessiner (boussole se dit Kompass en allemand et compass en anglais) entre les branches duquel les initiales (G et L) étaient entrelacées.



Logo représentant une capsule anéroïde de baromètre, produit principal de LUFFT
(voir exemple ci-dessous, Tchécoslovaquie)


Les logo constitué des linitiales entre les branches d'un compas
Plus tard, LUFFT a remplacé le logo G-L par le nom du fondateur écrit en lettres gothiques, resté inchangé jusqu'à aujourd'hui.
L'inscription sur le verre du cadran changea aussi au cours de la fabrication. On trouve ainsi Patent Bézard (Brevet Bézard) et Original-Bézard.
Au dos du boîtier apparurent tour à tour les inscriptions Original-Bézard et Bézard-Kompass dans différentes langues


(Cliquer pour agrandir)
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AIGUILLES ET FLÈCHES

L'aspect de la rose et de l'aiguille a connu deux formes foncièrement différentes. Sur le modèle d'origine (ci-dessous à g.), l'aiguille était une flèche de forme identique à celle fixée dans le couvercle par deux vis. Sur le verre (et plus tard sous la rose graduée), un masque présentait une découpe correspondant très exactement à la forme de la flèche (à droite).

Sur la version 1905, la flèche blanche fixée à l'aiguille magnétique par de la cire était en papier lumineux dit de Balmain. Plus tard (1913), les repères furent réalisés avec des traits de peinture au radium.

À dr.: Deux traits de peinture au radium délimitaient l'échancrure au niveau du repère NORD de la flèche, lui-même sur la ligne médiane (trait de peinture au radium). Ce dispositif permettait de les mettre en parfaite superposition même dans une forte obscurité.
 



Modèle ancien de la flèche en carton vissée dans le couvercle et indiquant le sens de la marche : on distingue les deux traits fins de peinture au radium.



Flèche phosphorescente du dernier modèle produit (Fluid Bézard)

 

La version Armeemodell 1910 II avait encore une déclinaison fixée sur environ 9 degrés Ouest, une valeur moyenne pour le centre de l'Europe au début du 20e siècle.



Le repère de cap sur les Modèles I et II n'était à l'origine qu'un trait de peinture rouge tracé sur une plaquette en celluloïd placée entre la charnière du miroir et le boîtier. Il fut remplacé plus tard par une pointe métallique (à dr.)
Sur les versions ultérieures, la flèche en papier fut remplacée par une aiguille conventionnelle. Le repère sud du disque en celluloïde disposé sous le verre était constitué d'un cercle lumineux dans lequel l'observateur devait placer l'extrémité sud de l'aiguille se terminant elle-même par un petit disque luminescent (vue détaillée: cliquer sur l'image).


Sur le modèle I, le repère de marche était un ergot métallique vissé.
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LE COUVERCLE

Les premiers modèles possédaient un couvercle en aluminium qui s'oxydait facilement (tableau ci-dessous, photo de g.). Il fut remplacé par un couvercle en acier inoxydable. À partir des années 1950 (date exacte ?), il fut peint en vert militaire pour les armées allemande et française et pour la police des frontières allemande (BGS).
Sur la face externe est gravé le mot DIREKTION (ou DIRECTION pour les versions export) traversé d'une flèche indiquant le sens de la marche.
L'une des séries (destinée à l'Autriche ?) affichait le mot RICHTUNG, synonyme de DIREKTION en allemand. La typographie est intéressante : les barres horizontales du H et du T sont inclinées et alignées sur un même axe comme les lettres runiques gravées dans les lignes tendres du bois.
Sur la face interne, une flèche lumineuse en carton est fixée à l'aide de deux vis. Sur les versions militaires (appelées aussi "R" pour radium), un court trait de peinture autoluminescente était peint dessus .

Un modèle spécial de type intérimaire possédait en plus une tirette fixée à hauteur du zéro de la règle et terminée par une pointe acérée permettant de la planter sur une carte pour mieux repérer le début de la distance mesurée.
La base du couvercle du grand modèle comportait une réglette graduée de 50 mm et le petit modèle une réglette de 40 mm.

Couvercle en aluminium corrodé marqué DIREKTION

Couvercle en acier inoxydable marqué RICHTUNG (armée autrichienne?)



Nota : ce qui ressemble à des points de chaque côté du mot RICHTUNG sont en fait les vis de fixation de la flèche en carton.
Couvercle en acier inox. marqué  DIRECTION (petit modèle export France, années 1930)




Pointe acérée escamotable marquant le zéro de la réglette.

LES FENTES DE VISÉE



Alors que les fentes de tous les modèles sont de simples échancrures droites, celles du petit modèle I S fabriqué après la Seconde Guerre mondiale se terminaient vers le bas comme le cran de mire et le guidon d'une arme à feu
Photo : Modèle I S, env. 1960
Celles de l'UBK (voir plus loin) possédaient en plus chacune un fil horizontal servant à la visée des pentes à l'aide du clinomètre.

L'écart latéral entre l'axe des fentes et la position apparente de la pointe de l'aiguille par rapport aux graduations est la cause d'un défaut de parallaxe mis en évidence dans un chapitre du livre du Capt. Franz Winterer dans lequel il compare la boussole Bézard à la sienne.


Illustrations dans les marges (Der Militärische Gebrauch der Winterer Bussolen, 1936)
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LA RÉGLETTE ENFICHABLE DE 10 cm



Le grand modèle (II) possède deux pinces servant à fixer une réglette de 10 cm. Voir aussi au paragr. UBK la réglette pliante.
Pour les déplacements dans l'obscurité, l'utilisateur pouvait se servir des traits de peinture au radium de la réglette de 10 cm qui se fixait dans des supports à la base du couvercle et parallèle au cap déterminé à l'aide de la rose. Ces marques disparurent après la 2e Guerre Mondiale. Les modèles ultérieurs avaient ou bien un trait de peinture lumineuse non radioactive ou pas de trait du tout.

.


La forme des supports changea dans le temps : d'abord plats sur les premiers modèles à boîtier en bakélite, ils furent ensuite à deux niveaux et avec des vis plus grosses sur les boîtiers en aluminium.
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LE MIROIR

Il a existé en trois versions différentes. Sur le grand modèle II (photo de g.), il était soudé à une moitié d'une charnière dont l'autre était fixée par deux vis au boîtier en bakélite.
Les modèles postérieurs formaient eux-mêmes une partie de la charnière (photo de droite). Sur le grand modèle, il n'était pas rond comme sur le petit modèle I S (la lettre S est l'initiale du mot allemand Spiegel, miroir), mais elliptique avec un ergot permettant de le relever plus facilement avec l'ongle. Son articulation était située sur le côté, près de celle du couvercle. Le dernier modèle produit (UBK FLUID, photo de droite), avait en plus une petite échancrure en croissant de lune sur le bord.

Grand modèle II

Petit modèle I S

UBK FLUID

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LA GRADUATION EN MILLIÈMES

(Pour tout ce qui concerne l'utilisation des millièmes, se reporter au chapitre DIVERS, Les divisions).

Il semble que les premiers instruments présentant une graduation en millièmes soient apparus dès la 1ère GM sur le petit "Armeemodell I".  Une photographie d'un cercle divisé en millièmes était collée sur le verre. De plus, un tableau de correspondance daté du 6.5.15 était placé dans le couvercle.
Sur le grand modèle, la solution intermédiaire proposée consistait en un limbe en aluminium sur lequel était gravée une rose graduée en millièmes. Il était intercalé entre le verre et la rose en degrés et masquait cette dernière mais pas les points cardinaux. Le verre s'enlevait aisément ce qui permettait de placer la rose en millièmes au choix avec le zéro soit face au repère Nord, soit face au repère Sud. Par ailleurs, on pouvait dans le même temps corriger la position de la rose en celluloïde pour tenir compte de la déclinaison.

Dans le premier manuel du Major Gallinger (1929, p. 8, Fig. 5, voir plus loin, chapitre Documentation technique) il est dit que la graduation en millièmes avait le repère 0/6400 face au sud et la marque 3200 au nord pour être "en conformité avec les instruments et équipements utilisés dans l'artillerie et les armes lourdes de l'infanterie". Il était en effet d'usage de mesurer les angles à partir de la cible ce qui explique l'inversion des repères. Voir aussi la boussole autrichienne militaire de Winterer.


De plus, il a existé une version du petit Armeemodell gradué en 6300 mill., systéme utilisé uniquement dans l'armée suédoise(voir ex. dans les articles consacrés à Lyth et à Silva), bien que les points cardinaux soient indiqués en allemand.

 (Photo Mc Caughan - cliquer pour agrandir).







Le limbe supplémentaire en millièmes est divisé en quatre quadrants (0-1600) comme sur les anciennes boussoles, le zéro étant situé en face des repères est et ouest.
Le repère de marche était constitué d'une plaquette en celluloïde présentant un trait rouge. Il ne sera remplacé par une pointe métallique que plus tard.

La signature en bas à droite du tableau (f. fohrrab)  semble être une plaisanterie, car ceci n'est pas un nom de personne, est écrit sans majuscules, et lu à haute voix, se prononce comme le mot vorab qui pourrait signifier ici "version provisoire".
 

Grand modèle,
Version  intermédiaire:

Quelques années plus tard, le commandant Gallinger signale dans son deuxième manuel (1933, p. 8, fig. 3) par un addendum (étiquette rouge), que la boussole est aussi disponible avec le zéro placé face au repère nord, "compte tenu des nombreuses demandes de la clientèle".



Le cadran des versions militaires des années 30-40 avait des marques au radium placées à 45° et 90° de part et d'autre de la ligne N-S (idem Winterer).

...


Rose avec repères lumineux à 45 et 90°
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CORRECTION DE LA DÉCLINAISON MAGNÉTIQUE

Sur le modèle amélioré (fin des années 1930), la déclinaison pouvait être adaptée en fonction du lieu d'utilisation. Sous le verre de la capsule, deux disques en celluloïde superposés pouvaient être décalés l'un par rapport à l'autre. L'un portait les graduations et l'autre (situé en dessous du premier) des repères lumineux correspondant aux points cardinaux, c'est-à-dire un trait pour le nord magnétique et un cercle pour le sud. Il suffisait de placer le trait en face de la valeur locale du nord magnétique. Cependant ce procédé était assez fastidieux : il fallait déposer puis remettre en place trois vis minuscules plus une tige-ressort graissée dans une rainure (jonc de 1 cm de long, non visible sur la photo).

A dr.: L'une des trois vis
Boussole démontée : en bas, les deux disques en celluloïde. Sur le modèle UBK III, la correction de la déclinaison magnétique s'effectuait plus aisément sans devoir démonter la boussole : une petite tige attachée à une cordelette permettait de bloquer en rotation le disque inférieur grâce à un orifice situé sous l'articulation du miroir et il suffisait de faire tourner la capsule pour régler la rose sur la bonne valeur.

Réglage simplifié de la déclinaison magnétique sur la boussole UBK III
Le brevet de Jakubowski
Un système permettant d'adapter la déclinaison magnétique fut développé en 1933 par Olgierd Jakubowski (Varsovie, brevet n° 20963*). Un disque rotatif équipé d'une réglette coulissante et placé sous la capsule pouvait être décalé de la valeur de la déclinaison. La réglette escamotable était utilisée de la même manière que le bandeau orienté est-ouest de la Bézard. La réglette servait en même temps à verrouiller l'aiguille en position haute à la fermeture.  
*Trad. en allemand disponible
Comparer avec le Mle 1922 de DOIGNON

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DESIGN DE L'ANNEAU DE FIXATION

Les premiers modèles avaient un anneau rond ou ovale fixé à une bélière comme sur les montres de gousset. Plus tard (après la Seconde Guerre mondiale), il fut remplacé par un étrier riveté, moins joli, meilleur marché mais plus résistant. Beaucoup de couvercles avaient cependant encore le perçage prévu pour la béliere

 
BGS = Bundesgrenzschutz = anciens gardes-frontières de la RFA, devenu depuis la réunification la Bundespolizei
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LA BOUSSOLE "UBK" (UNIVERSAL BÉZARD-KOMPASS) - Versions II et III

Le modèle le plus évolué destiné aux randonneurs ambitieux et aux soldats était désigné Bézard-Universalkompass (UBK). Les fentes de visée possédaient deux fils transversaux à mi-hauteur qui formaient ainsi deux réticules. Grâce à eux, au niveau à bulle placé dans la capsule et au clinomètre pendulaire qui équipait le couvercle, on pouvait faire des levés assez précis en trois dimensions et même pointer grossièrement une arme en gisement et en site.

Le principe du clinomètre de l'UBK reprend celui du brevet d'une boussole d'artillerie n° 80134 déposé en septembre 1917 par Erich Wolf.


L'UBK III des années 1930 (photo S. Gerhards) et la version post 2e g.m. avec sa réglette pliante graduée en millièmes et centimètres
Ci-dessous à g. : La table de conversion et la nivelle sphérique au dos du boîtier

A dr. : Le réticule tendu dans les fentes de visée du couvercle servant à mesurer les angles de site à l'aide du clinomètre.
 

Une version a été faite dans les années 1950 avec une table arrondie et sans niveau à bulle :


UBK III à amortissement liquide: voir plus loin.
La rose de l'UBK et la nivelle






Pointage d'une mitrailleuse à l'aide de la boussole Bézard

(Cliquer sur l'image pour voir le détail)
La réglette pliante en millièmes et cm :




L'UBK était livrée avec un acccessoire permettant d'estimer rapidement sans calcul la distance d'un objectif, une réglette partiellement graduée en millièmes et en centimètres. Elle était constitué de deux branches articulées de 80 mm chacune.

Les divisions correspondaient à des centimètres mais elles portaient une graduation en millièmes sur les 100 premiers mm, le reste étant gradué en mm. Cela donnait ainsi :
0-20-40-...-200-11-12...

La réglette pliante était rattachée à la boussole par une cordelette et devait être tenue à environ 50 cm de l'?il. La procédure (pour un droitier) était la suivante : tenir la réglette dans le poing droit fermé en laissant dépasser vers la gauche l'extrémité portant le début des divisions. Mettre le zéro à hauteur du bord gauche de l'objet visé et repérer la valeur correspondant à son bord droit avec l'ongle du pouce (voir croquis du haut, à droite). La condition préalable à toute mesure était qu'un des paramètres devait être connu ou facilement estimable : si l'observateur veut connaître la distance qui le sépare de l'objectif, il doit alors en estimer les dimensions (maison, véhicule, etc.) par exemple en fonction de la taille moyenne d'une personne. Si pour une maison d'environ 20 m de largeur on mesure 20 unités, alors elle-ci se trouve à 1 km, vu que 1 unité égale 1 m à 1 km. Procéder de manière analogue (la pointe en l'air) pour les objectifs verticaux (croquis du bas). Croquis extrait du manuel de R. GALLINGER "Der Bézard-Kompass" (1933) :

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LE MODÈLE À AMORTISSEMENT LIQUIDE FLUID-BÉZARD

Le dernier modèle commercialisé jusqu'en 1996 par LUFFT était une version à amortissement liquide appelée FLUID BÉZARD.
Ces deux mots remplaçaient la mention précédente (ORIGINAL BÉZARD) qui avait encore été utilisée sur une première version dont on connait deux variantes.
- La plus ancienne (sans doute) possédait une capsule métallique à soufflet, similaire à celles des baromètres. L'autre était entièrement transparente. L'aiguille rouge et blanche était typique des produits de la société WILKIE (voir aussi le modèle PASTO).
- La version ultérieure était équipée de l'aiguille Bézard typique mais en plus de la superposition du disque et du cercle pour l'extrémité sud de l'aiguille, la position de son extrémité nord était repérée par deux traits diagonaux. Ce modèle a aussi existé en version bracelet.

La version ancienne du modèle FLUID Bézard démontée : le fond du boîtier était découpé et un disque d'aluminium amovible protégeait la capsule. Le côté réfléchissant du miroir était chromé.


La graduation en 360° (photo du bas)était recouverte d'une bande de papier graduée en 6400 millièmes. Les points cardinaux NW, N et NO étaient rehaussés de marques lumineuses (papier Balmain ?). Il n'y avait pas de lettre pour le Nord mais seulement une toute petite flèche décalée de 5° ouest correspondant en gros à la déclinaison magnétique dans les années 1950.



A l'intérieur du couvercle, cette version possédait à la place de la flèche traditionnelle une table de conversion nombre de pas (longueur étalonnable individuellement) = distance parcourue



Au dos était gravé le mot RICHTUNG.

(Cliquer pour agrandir


La capsule transparente vue par en-dessous
La première version des modèles à amortissement liquide possédait encore la barre transversale classique (est-ouest) et une aiguille rouge et blanche. La capsule était probablement fournie par WILKIE car cette société avait maîtrisé très tôt la technologie de l'amortissement liquide (années 1950?).

(Photos transmises par un collectionneur particulier)

Boîtier et couvercle étaient en aluminium émaillé vert de gris. Version à rose sobre. Sur la version militaire UBK, les mots FLUID BEZARD sont en blanc (photo du centre).

(Cliquer pour agrandir)

Avec son couvercle en acier, ce modèle pèse 150 g. Il a aussi existé une version tout en aluminium (100 g) et peinte en marron sombre. Le fond de la capsule présentait un réseau de lignes et une flèche rouges (photo ICI).


Modèle "Bw" (Bundeswehr = Forces Armées de la RFA). Celui-ci a aussi existé dans une version avec des lignes rouges sur  le fond.

Fiche technique : voir Boussoles Bracelet

(Photo Ted Brink - voir LIENS, Boussoles militaires)

VERSION EN BOÎTIER PLASTIQUE


Une version du petit modèle en boîtier plastique a été fabriquée dans les années 50 ou 60. La capsule était identique à celle de la version métallique mais les mots DIRECTION sur la flèche et Original - Bézard étaient imprimés en relief dans le moule. L'étrier de la dragonne faisait aussi partie intégrante du couvercle.


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LES SACOCHES EN CUIR


La plus ancienne :
noire, nervurée, couture bord-à-bord

La plus soignée :
Marron, cuir lisse, couture bout-à-bout
 
L'avant-dernière version :
Marron vernis, type box calf (voir aussi plus loin le modèle doublé de feutre rouge de la Bundeswehr)

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LES CLIENTS

Plusieurs armées d'Europe l'ont adoptée.
La version UBK fut même pendant longtemps l'instrument préconisé par le club alpin allemand (Deutscher Alpenverein, DAV).

BUND - En Allemagne, le couvercle portait la mention BUND (Fédération) dans la BUNDESWEHR (armée de la RFA) et BGS dans les unités de surveillance des frontières (BUNDESGRENZSCHUTZ) devenues aujourd'hui la Police Fédérale (Bundespolizei).



La graduation en 6400 mill. des boussoles de la Bundeswehr (BUND) et du BGS : 



La Bundeswehr était équipée de FLUID-BEZARD. La déclinaison (3° ouest) était prise en compte mais pas réglable !


Les sacoches de la Bundeswehr avaient une nouvelle forme et étaient doublée de feutre rouge. Le Fluid Bézard d'avait plus de pinces pour la réglette.


Voir aussi dans la bibliographie les divers manuels et matériels d'instruction.

Nous ne possédons encore information concernant les périodes exactes de dotation de ces instruments dans ces armes. Merci de nous aider à compléter ces fiches.

FRANCE (Armée Française, AF)

     

Boussole, étui en cuir et manuel de l'utilisateur (photocopies de diverses versions disponibles sur demande).
La boussole de l'AF existait avec les deux types de graduations : 360 degrés et 6400 millièmes.

Equipement des troupes françaises en Indochine et en Algérie (conflits de 1946 à 1954 et de 1957 à 1962)
(Merci d'avance à tout visiteur en possession de plus détails sur la dotation des unités de nous faire partager ses connaissances).

COMMENTAIRE : une question intéressante serait de savoir si la France a obtenu de LUFFT ces boussoles à des conditions défiant toute concurrence après la seconde Guerre Mondiale (au titre de réparations ?). Cela aurait donné le coup de grâce à l'industrie des boussoles en France. Mais quand on compare le Modèle 1922 à la boussole Bézard, il est évident que technologiquement, il ne faisait pas le poids.
ITALIE

Les points cardinaux sont identiques à la version francaise civile.

Deux versions du mode d'emploi sont connues : années 1930 et 1950 (photocopies de cette dernière disponibles sur demande).



    
Version ancienne

Version ultérieure
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Le couvercle et le cadran des versions export étaient adaptés à la langue du pays acheteur :
Photo de droite: FRANCE - version civile des années 1930 marquée "BREVET BÉZARD" avec un accent circonflexe inversé très incongru sur le premier E du mot BREVET...


BRÉSIL : DIREÇÃO
PORTUGAL :
DIRECÇÃO  
Les forces armées brésiliennes (FORÇA EXPEDICIONÁRIA BRASILEIRA) ont utilisé un modèle UBK gradué en 360 degrés et sans nivelle. L'abrév. sous les armoiries du Brésil (voir dessin officiel à droite) est analogue au sigle fr. ; M. G. = Ministerio de Guerra (ministère de la Guerre).


Photo de g. : R. Ferreiro Pinto / Photo de dr.: petit modèle I gradué en 6400 en sens antihoraire

(Cliquer sur les images pour les agrandir)
La face inf. du boîtier présente le tableau de conversion et la raison sociale du fabricant LUTZ FERRANDO / Rio - Sao Paulo. Nous supposons qu'il s'agissait d'une coopération industrielle, LUFFT fournissant des pièces brutes sur lesquelles L. F. emboutissait ses propres informations avant de les assembler.

Le n° de série gravé sur le côté du boîtier : la lettre L est apparemment l'initiale du fabricant.


Vue détaillée de l'échelle du clinomètre : La lettre grecque µ (micron) représente les millièmes d'Artillerie (voir DIVERS./Syst. de divisions). Le terme GRAU signifie degré en portugais.
VERSION export du modèle UBK

(Photos communiquées par un correspondant qui a découvert cet instrument au Mexique)


Vraisemblablement une très petite série vu les erreurs (voir la suite). Le couvercle porte la mention internationale DIRECTION.
Photos R. Regaruva - Description voir UBK plus haut

Le point cardinal OUEST (oeste en espagnol) est abrégé OE (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

NOTA : Le tableau vissé au boîtier (photo de dr.) est entaché de deux erreurs gravissimes. Outre l'accord  masculin/féminin du titre, ce "Tableau comparative" devrait s'appeler Table de conversion ou d'équivalence. De plus, le terme Strich (col. de dr., comparer avec la version allem. plus haut) qui signifie millièmes d'artillerie a été traduit par "gr" (pour grade)
Gravé au dos du miroir : Made in Germany

Ci-dessous : la table d'équivalence au dos du boîtier (mauvaise traduction de l'allemand  Vergleichstabelle).

ROUMANIE : DIREC?IA



Il existait deux modèles. Les plus anciens avaient un boîtier spécifique marqué Busola-Bézard (n° de série 1 à env. 20.000) :



Les boîtiers fabriqués ultérieurement furent repérés Original-Bézard

La rose des deux modèles était graduée en 6400 mill. et identique à la version allemande, seuls les points cardinaux étaient en roumain :



TURQUIE (années 1930)

À lire absolument : les explications sur l'histoire des points cardinaux en turc dans DIVERS / Points cardinaux / Turc.


Vue agrandie du cadran : cliquer sur l'image
 
Cet instrument a été gracieusement offert à COMPASSIPEDIA par Doug Carter 

SUÈDE (années 1930)

Photo McCaughan

Graduation en 63oo millièmes, sens antihoraire, points card. en allemand (voir menu DIVERS / Graduation)
Boîtier : les deux logos de LUFFT
(voir Tchécosl.)
POLOGNE
Le mot ORIGINAL était écrit en polonais ORYGINALNY




(Cliquer sur les images pour les agrandir)
YOUGOSLAVIE
Seuls les points cardinaux sont en serbocroate

TCHÉCOSLOVAQUIE
Version arborant plusieurs logos :
Photo de g. : les armoiries de l'ancienne Tchécoslovaquie (lion issant inscrit dans un carré posé sur un coin) entre les désignations d'unités militaires (P.18.7 ... 23)
Photo de dr. : le logo de LUFFT au-dessus d'une rose des vents en forme de cylindre applati (capsule de baromètre stylisée).

  
PAYS-BAS - RICHTING
Les modèles anciens de l'armée étaient repérés D.v.O. (Dept. van Oorlog = Ministère de la Guerre) jusqu'en 1928 où le nom fut modifié en D.v.D. (Dept. van Defensie).



(Cliquer sur les images pour les agrandir)
Le mot DIRECTION (en allemand: RICHTUNG) est traduit en néerlandais RICHTING:

  

Version moderne (1960?) : inscription en néerlandais (ORIGINEEL) sur l'axe ouest-est du cadran

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LES IMITATIONS

Dans certains pays où la société allemande LUFFT n'exportait pas ses modèles, il semble que des entreprises locales de renom aient réalisé (sous licence ?) des versions adaptées sous leur propre nom comme Cornelius Knudsen au Danemark ou GAMMA en Hongrie. D'autres instruments qui ne sont pas absolument identiques sont de simples imitations comme les versions tchèque (?P), hongroise (MOM/41), est-allemande (FPM) et roumaine (I.O.R.). Le même principe de cadran a aussi été utilisé sur la boussole de FALKE.
Voir aussi OPTOS (Allemagne, Autriche ou Suisse ?), TRIUMPH



ALLEMAGNE (anc. RDA)

Fabricant : FPM Freiberger Präzisionsmechanik

Pour les détails, se reporter à la catégorie boussoles à main.

AUTRICHE

Fabricant: O. Ganser

DANEMARK
Fabricant : Cornelius Knudsen - Kiøbenhavn (Copenhague), célèbre opticien de marine.
Comparer à la version hollandaise en bas de page.



Dimensions identiques au petit modèle I (sans miroir). Graduations : 6400 millièmes sens antihoraire. Les nombres ronds (1000, 2000 etc.) sont écrits en entier. Les points cardinaux sont en allemand. Numéro 1323. Pas de règle graduée à la base du couvercle. Autres marquages : une couronne royale au-dessus des lettres HV (administration de l'armée de Terre ?). La typographie du mot RETNING (direction) est identique à celle des Bézard d'origine. Le nom du fabricant indiqué sous le boîtier entoure un écusson surmonté d'une couronne et arborant un compas et une équerre. Le texte du bandeau transversal aligné sur l'axe ouest-est (W-O) indique : FELTK. / M. 1928 (boussole de campagne / Modèle 1928).

 
FRANCE

Fabricant : J. Auricoste

Pour les détails, se reporter à la catégorie boussoles à main.


Fabricant : CHAIX

Pour plus de détails, se reporter à la catégorie boussoles de topographie.
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TCHÉCOSLOVAQUIE - 1

Deux noms de fabricants d'un modèle présentant de légères différences : ?P et MEOPTA (descriptions détaillées : suivre les liens).

Il existe aussi une version militaire présentant en plus le mot SM?R (direction).


Version militaire
(cliquer sur l'image pour une vue des deux faces)


Le logo de ?P


Le logo de MEOPTA
TCHÉCOSLOVAQUIE - 2
Fabricant : non identifié (SM?R signifie DIRECTION)
Boussole équipée d'un miroir pouvant pivoter sur environ 180 degrés.

(Cliquer sur la photo pour déclencher une séquence animée)


(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)
La face externe du couvercle présente les valeurs de déclinaison pour quelques villes d'Ouest en Est, depuis la frontière allemande (Cheb / Eger) jusqu'à la frontière ukrainienne (JASINA) en passant par Prague (PRAHA) valables pour l'année 1938.
La réglette permettait de lire directement les distances sur les cartes militaires au 1/75 000e : une division mesure 1,33 mm ce qui équivaut à 100 m sur le terrain.
Le couvercle est en outre équipé d'une ferrure-support sans doute destinée à la fixation sur un affût d'arme à feu.

Fiche technique
- Graduation du cadran (photo: cliquer sur lien): 6400 millièmes, sens horaire
- Diamètre : 45 mm
- Poids : 145 g
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ROUMANIE
Fabricant : I.O.R.
Pour les détails, se reporter à la catégorie Boussoles à main
PAYS-BAS / HOLLANDE
Fabricant: non signé

Le boîtier est quasiment identique au modèle danois (plus haut).



Photo Snyder's Treasures
HONGRIE :   IRÁNY (DIRECTION)


La plus ancienne version (petit modèle sans miroir) a été fabriquée à notre connaissance par GAMMA. Il exista deux versions du grand modèle militaire fabriqué à l'origine par la société MOM / Süss Nándor  rebaptisée par la suite Usine n° 41.

(Cliquer sur les liens pour accéder aux articles correspondants)
Photos (g. et centre) : MOM - (dr.) : GAMMA
    
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